On admire souvent la ligne droite d’un mur de jardin, l’œil suit la courbe parfaite d’un muret de terrasse, sans se douter que c’est cette fine couche posée au sommet qui fait toute la différence. Pas la première rangée, ni même la dernière. L’arase. Un geste simple en apparence, mais qui transforme un ouvrage approximatif en structure précise et durable. Bricoler un mur, c’est bien. Le finaliser avec rigueur, c’est ce qui s’imprime.
Préparer le support et le matériel pour une arase réussie
Avant même de mélanger le premier seau de mortier, il faut s’assurer que le chantier est prêt. Le mur, même rectiligne, n’est jamais parfait. Une arase ne corrige pas des défauts majeurs, elle affine. Alors on commence par le bas : le nettoyage. Les poussières, les résidus de mortier sec ou les éclats de parpaing sur la dernière assise, tout ça compromet l’adhérence du mortier. On balaie soigneusement, on peut même passer un coup de brosse métallique si nécessaire. Ensuite, un léger arrosage du support. Humide, pas mouillé. Cela évite que le mur absorbe trop vite l’eau du mortier, ce qui fragiliserait la liaison.
Le nettoyage de la dernière assise
Le risque, quand on néglige cette étape, c’est un décollement localisé. À terme, de petites fissures apparaissent, surtout si le muret est exposé aux gelées. Un coup de jet d’eau fin ou un arrosage précis avec un arrosoir permet d’uniformiser l’humidité sans créer de flaque.
La liste des outils indispensables
Le matériel fait partie du succès. Pour une arase droite et stable, on ne bricole pas avec des planches tordues. Il vous faut :
- Des planches de coffrage rigides et bien droites 📏
- Des serre-joints pour les maintenir solidement
- Un niveau à bulle, de préférence long (au moins 1 m)
- Une règle de maçon en aluminium (1,20 à 1,50 m)
- Une truelle, un seau, une pelle
- Un malaxeur électrique si vous faites un grand mélange
- Des gants, des lunettes de protection
Chaque outil a son rôle. La règle, par exemple, ne sert pas qu’à lisser : elle s’appuie sur les planches de coffrage pour garantir une planéité parfaite. Pour s’assurer d’une finition durable et soignée de vos extérieurs, s’appuyer sur des conseils experts comme ceux de maisondusart.com permet d’éviter les erreurs de débutant.
Le dosage du mortier de nivellement
Le mélange idéal ? Un mortier gras, mais pas trop liquide. On vise une consistance ferme, malléable, qui ne coule pas. Le dosage classique : 1 volume de ciment pour 3 volumes de sable fin. Pour 35 €/m² de matériel et de matériaux, on peut couvrir un muret standard. Pour renforcer la solidité, certains ajoutent un adjuvant de collage ou un peu de gravillon fin (4/8 mm), surtout si l’épaisseur dépasse 5 cm. L’important : malaxer longuement, jusqu’à homogénéité.
La technique du coffrage et du réglage de hauteur
Le coffrage, c’est l’échafaudage invisible de l’arase. Sans lui, pas de ligne droite. Il faut fixer les planches de bois de chaque côté du mur, bien parallèles, à la hauteur finale souhaitée. L’espace entre elles correspond à l’épaisseur de l’arase. C’est ici que les serre-joints deviennent précieux. Ils doivent être suffisamment nombreux – un tous les 60 cm – pour éviter que les planches ne bougent sous la pression du mortier.
Positionner les planches de guidage
Les planches doivent être parfaitement alignées. On commence par les fixer aux extrémités du mur, puis on tend un cordeau entre les deux côtés pour guider le positionnement intermédiaire. Pas de raccord en coin sur un mur courbe, le coffrage suit la forme. L’astuce : utiliser des cales en bois ou des pinces métalliques pour ajuster la hauteur millimètre par millimètre. La rigidité du coffrage est une condition sine qua non pour une arase de qualité.
Vérifier l’horizontalité parfaite
On ne se contente pas d’un simple niveau à bulle posé ici ou là. Pour une longueur importante, le niveau laser est idéal. Sinon, on utilise un niveau long en appui sur les deux extrémités, en vérifiant tous les 50 cm. Les tolérances ? En jardin, on vise moins de 3 mm de dénivelé sur 2 mètres. Au-delà, la pente devient visible, surtout si on pose des couvertines par-dessus. Un défaut de niveau, c’est un risque d’infiltration.
Coulage et lissage de la couche de finition
Une fois le coffrage en place, on passe au coulage. Le mortier doit être appliqué par petites sections si le mur est long, pour éviter qu’il ne commence à prendre avant le lissage. On remplit progressivement, en tassant bien au fond avec la truelle pour chasser les bulles d’air. Un mortier plein de poches, c’est un point faible.
Remplissage et serrage du béton
L’épaisseur d’arase oscille entre 2 et 5 cm. Moins de 2 cm, c’est trop fragile. Plus de 5 cm, et il faut envisager un ferraillage, surtout si le mur fait plus de 2 mètres de long. Chaque passage de mortier doit être compacté manuellement. Mine de rien, cette étape conditionne la résistance mécanique de l’ensemble.
Le tirage à la règle et le talochage
C’est là que le geste du maçon fait la différence. La règle de maçon, posée à cheval sur les planches de coffrage, est tirée d’un mouvement régulier, en sciage. Pas en appuyant fort, mais en glissant. Le surplus de mortier est repoussé vers l’avant. Une fois la surface plane, on taloche légèrement pour fermer les pores. L’idéal ? Talocher juste avant que le mortier ne commence à sécher. Trop tôt, on fait des ondulations. Trop tard, on ne peut plus lisser.
Récapitulatif technique et temps de séchage
Le choix du type d’arase dépend de l’usage et de l’exposition. Un muret en bordure de terrasse, régulièrement arrosé, n’a pas les mêmes exigences qu’un mur de clôture à l’abri. Voici un aperçu des options.
Le ferraillage est-il nécessaire ?
Pour les murs longs ou porteurs, oui. Un treillis soudé ou quelques fils d’acier horizontaux évitent les fissures de retrait. Ce n’est pas systématique, mais c’est une précaution malin sur plus de 3 mètres. Le ferraillage doit être centré dans l’arase, pas posé au fond.
Précautions après le coulage
Les 24 à 48 premières heures sont critiques. Il faut protéger l’arase du soleil direct, du vent violent et de la pluie battante. Un simple voile de désémoulant ou une bâche légère bien tendue suffit. L’idéal, c’est de garder la surface humide en la vaporisant légèrement, pour permettre un durcissement lent et homogène. Le démoulage ? Pas avant 48 heures. On dévisse doucement les serre-joints, et on retire les planches par petits mouvements latéraux.
Le rendu final selon l’usage
Deux cas de figure. Soit l’arase est destinée à recevoir un chaperon ou des couvertines, et on peut la laisser brute, rugueuse, tant que la planéité est bonne. Soit elle reste apparente, et là, il faut soigner la finition : talochage fin, brossage léger à l’éponge ou à la brosse souple une fois prise initiale. On peut même intégrer un mortier de finition plus fin en surface.
| Type d’arase | Usage préférentiel | Avantages |
|---|---|---|
| Mortier simple (sans ferraillage) | Murets courts, non porteurs | Rapide, économique, facile à réaliser |
| Béton armé (avec treillis) | Murs longs, porteurs, en zone ventée | Résistance élevée, anti-fissures |
| Arase hydrofuge (avec adjuvant) | Exposition aux intempéries, bords de piscine | Étanchéité renforcée, durabilité accrue |
Les questions qu’on nous pose
Quel est le surcoût réel d’une arase bien faite sur un chantier de muret ?
Le coût supplémentaire est modeste : quelques euros par mètre linéaire pour le sable, le ciment et éventuellement un adjuvant. En revanche, l’investissement en temps et en rigueur évite des réparations coûteuses plus tard, surtout en cas de fissuration ou de décollement.
Existe-t-il de nouveaux additifs pour rendre l’arase plus étanche aujourd’hui ?
Oui, les adjuvants hydrofuges sont désormais courants. Ajoutés directement au malaxage, ils limitent l’absorption d’eau par le béton. C’est particulièrement utile en région humide ou pour les murs exposés au nord, où l’humidité stagne plus longtemps.
Je n’ai jamais touché une truelle, puis-je réussir mon arase du premier coup ?
À condition de préparer soigneusement le coffrage et de ne pas trop en faire d’un coup. Testez sur un petit tronçon. L’essentiel est la rigueur du coffrage : si les planches sont droites et bien réglées, le résultat suit. La main se gagne avec l’expérience.
Peut-on poser les couvertines juste après avoir coulé l’arase ?
Non, il faut attendre au moins 48 heures, voire 72 selon le temps. Le mortier doit avoir pris suffisamment pour supporter le poids sans céder. Poser trop tôt, c’est risquer des micro-décalages ou des fissures d’affaissement.
À quel moment de la journée vaut-il mieux couler pour éviter les fissures ?
Privilégiez les matinées fraîches ou les fins d’après-midi, surtout en été. Un mortier qui sèche trop vite craquelle. En hiver, évitez les heures les plus froides. L’idéal, c’est une température douce et stable pendant les 24 heures suivant le coulage.